Le café deuil à Montreux : un espace de parole et de partage bienveillant
La mort fait partie de la vie
La mort reste le dernier tabou de notre société. On parle de tout, sauf de ça. Pourtant, chacun d’entre nous traverse ou traversera ces épreuves, que ce soit la perte d’un proche, l’accompagnement d’une personne en fin de vie ou simplement la confrontation à notre propre finitude. Le silence qui entoure ces réalités isole profondément.
Qu'est-ce qu'un café deuil ?
Le café deuil est un espace bienveillant, neutre et sans jugement. Ce n’est ni une thérapie de groupe, ni une conférence sur le deuil. C’est un moment simple, humain, où l’on se retrouve autour d’une boisson chaude pour partager ce qui pèse ou ce qui émerge.
Le concept s’inscrit dans l’héritage de Bernard Crettaz, sociologue suisse qui a créé les premiers « cafés mortels » en 2004. Son intuition était juste : nous avons besoin de lieux où la mort peut être nommée, où le deuil peut s’exprimer sans contrainte sociale, où la vie et la mort se rencontrent naturellement.
Ici, pas de protocole rigide. On vient comme on est, avec ce qu’on porte. Certains parlent, d’autres écoutent. Certains viennent une fois, d’autres reviennent régulièrement. Chacun trouve sa place.
Pourquoi venir ?
Beaucoup de personnes hésitent à franchir la porte. « Et si je me mettais à pleurer ? » « Et si je n’avais rien à dire ? » « Et si ma tristesse était trop lourde pour les autres ? »
Le Dr Christophe Fauré, dans son ouvrage « Vivre le deuil au jour le jour », rappelle que le besoin de parler de nos morts ne s’éteint jamais vraiment. Même des années après une perte, certaines vagues reviennent. Et c’est normal. C’est humain.
Le café deuil accueille cette réalité sans chercher à la réparer ou à l’accélérer. On y vient pour pleurer, oui, mais aussi pour rire en se souvenant d’un geste, d’une phrase, d’un moment partagé. C’est paradoxal et c’est la vie : un lieu où l’on parle de mort devient souvent un lieu vibrant de présence.
Briser la peur de la tristesse, c’est aussi accepter qu’elle fait partie du chemin. Ici, elle n’est pas un problème à résoudre, mais une émotion à accueillir.
L'accompagnement par nos doulas de fin de vie
Les cafés deuil sont animés par Coralie Mooser et Pascale Taroni, toutes deux doulas de fin de vie certifiées. Formées par Rosette Poletti, pionnière suisse de l’accompagnement spirituel et du soin en fin de vie, elles portent une approche ancrée dans l’écoute profonde et le non-jugement.
Leur mission n’est pas de diriger les échanges, mais de créer un cadre sécurisant où chacun peut déposer sa parole. Elles accueillent avec le cœur, sans prérequis, sans attente. Que vous veniez pour la première fois ou que vous soyez habitué de ces rencontres, vous serez reçu tel que vous êtes.
Le rôle de la doula de fin de vie est d’accompagner les vivants dans leur relation à la mort, qu’il s’agisse d’une anticipation, d’un deuil récent ou ancien, ou simplement d’une réflexion existentielle. C’est une présence, pas une expertise. C’est un compagnonnage, pas une thérapie.
Informations pratiques
- Rue de l'Église Catholique 10, Montreux
- Sans inscription. Participation libre au chapeau à la sortie.
- Généralement de 19h00 à 20h30 (consultez le calendrier pour les dates)
- Vous pouvez venir seul ou accompagné, une seule fois ou régulièrement. Il n'y a aucune obligation, aucun engagement. Juste une invitation à prendre soin de vous et de ce que vous traversez.
Vos intervenantes
Coralie Mooser
Auxiliaire funéraire chez CASSAR
Doula de fin de vie certifiée
076 469 11 84
www.dyvali.ch
https://doulasdefindevie.ch/coralie-mooser/
Pascale Taroni
Doula de fin de vie certifiée
079 432 12 47
https://doulasdefindevie.ch/pascale/